top of page

Projet gazier Yakaar-Teranga au Sénégal : un pilier de la stratégie énergétique nationale

  • Photo du rédacteur: Lynda MALOUM
    Lynda MALOUM
  • il y a 6 heures
  • 4 min de lecture
Infrastructure gazière au Sénégal illustrant le projet Yakaar-Teranga
Infrastructure gazière au Sénégal illustrant le projet Yakaar-Teranga

Le projet gazier Yakaar-Teranga au Sénégal s’impose comme un actif stratégique au croisement de la sécurité énergétique, de l’industrialisation et de la souveraineté publique. Entre gaz-to-power, usages industriels et arbitrages sur l’export, son évolution éclaire les priorités du pays.



- Pour prendre rendez-vous, cliquez sur la bannière ci-dessous -

Bannière Abelika usine clé en main pour demander une consultation


Sommaire



Projet gazier Yakaar-Teranga au Sénégal


Le projet gazier Yakaar-Teranga au Sénégal occupe désormais une place centrale dans la réflexion énergétique du pays. Situé dans le bloc ultra-profond Cayar Offshore Profond, à environ 60 km au nord-ouest de Dakar, ce complexe offshore a été découvert autour de 2016 et figure parmi les plus grandes découvertes gazières récentes au niveau mondial.


Avec environ 25 Tcf de gaz en place, soit de l’ordre de 700 à 708 milliards de m³, Yakaar-Teranga n’est pas seulement un gisement prometteur. C’est un projet qui peut structurer durablement la stratégie énergétique, industrielle et budgétaire du Sénégal.



Le retour du gaz africain dans les stratégies industrielles du continent


Un projet pensé d’abord pour le marché domestique


La logique du projet est claire : utiliser le gaz pour renforcer le système électrique national et réduire la dépendance aux combustibles importés. Les documents officiels sénégalais ont longtemps présenté la Phase 1 comme un schéma gaz-to-power, destiné à alimenter des centrales à gaz et à soutenir l’électrification du tissu industriel.


Cette orientation répond à un enjeu très concret. Le Sénégal consacre actuellement près de 1 milliard de dollars par an à des subventions sur l’énergie, notamment pour amortir le coût des combustibles importés. Dans ce contexte, Yakaar-Teranga est conçu comme un levier de souveraineté énergétique autant qu’un projet d’infrastructure.


"Le projet est conçu comme un levier majeur pour réduire cette facture."

Les estimations disponibles évoquent, pour la Phase 1, une capacité initiale de 150 MMcf/j, puis des annonces plus récentes autour de 250 à 300 MMcf/j destinés principalement au marché domestique. À l’échelle du pays, cela représente un changement de dimension, alors que la production nationale de gaz était encore marginale en 2022.



Schéma éditorial montrant Yakaar-Teranga comme projet gaz-to-power pour le marché sénégalais, avec centrales à gaz, réseau électrique et réduction des importations.

Une gouvernance qui s’est nettement recentrée sur l’État


Le projet a connu plusieurs réajustements majeurs. Historiquement, BP détenait 60% du bloc Cayar Offshore Profond, Kosmos 30% et Petrosen 10%. Mais les divergences sur la destination du gaz, entre export et usage domestique, ont conduit BP à se retirer en 2023.


Dans la foulée, Kosmos Energy a porté sa participation à 90% et pris l’opérating, Petrosen conservant 10%. Puis la trajectoire s’est à nouveau déplacée, avec une volonté affichée des autorités sénégalaises de reprendre la pleine maîtrise du projet. Des informations récentes indiquent même un basculement vers un contrôle quasi-intégral de l’État, Kosmos se retirant sans compensation financière, avec transfert complet de la licence à Petrosen.


Ce mouvement change la nature du dossier. Yakaar-Teranga devient moins un projet porté par une logique de portefeuille international qu’un actif souverain, directement aligné sur les priorités publiques.


"Ce basculement vers un contrôle quasi-intégral de l’État fait de Yakaar-Teranga un projet souverain."

Pour les décideurs publics comme pour les investisseurs, cela implique une lecture plus politique du risque, mais aussi une plus grande cohérence entre l’actif gazier et les objectifs nationaux : sécurité d’approvisionnement, développement industriel et captation de valeur locale.


Un schéma de développement en deux phases, avec forte intensité capitalistique


Le développement complet de Yakaar-Teranga est généralement présenté en deux grandes phases, pour un investissement total d’environ 7,5 milliards de dollars.


La Phase 1 concentre l’essentiel de la logique gaz-to-power. Les montants évoqués oscillent entre 2 et 3 milliards de dollars dans les présentations gouvernementales, puis autour de 2,5 milliards de dollars dans des annonces plus récentes de Petrosen. Cette première étape viserait une production de 250 à 300 MMcf/j, avec une capacité initiale de 150 MMcf/j mentionnée dans les premiers schémas pour l’alimentation des centrales locales.


La Phase 2 représente environ 5 milliards de dollars d’investissements additionnels. Elle est orientée vers les usages aval : engrais, pétrochimie, acier, ciment et autres activités industrielles. Le concept inclut aussi un module de GNL flottant pour liquéfier les volumes excédentaires à l’export.


En pratique, Yakaar-Teranga est donc pensé comme une plateforme énergétique et industrielle, pas comme un simple champ gazier. Les données d’ingénierie évoquent une capacité globale de conception autour de 5,1 à 5,8 milliards de m³ de gaz par an une fois les phases pleinement montées en puissance.



Comparatif des phases de Yakaar-Teranga : investissement total 7,5 Md$, phase 1 à 2-3 Md$ ou 2,5 Md$, 250-300 MMcf/j, phase 2 à 5 Md$.

Un actif stratégique, mais à piloter avec prudence


L’intérêt du projet est évident : réduire les importations de combustibles, sécuriser l’électricité, alimenter des industries locales et générer, en parallèle, des recettes d’export via le GNL. Dans le même temps, les débats autour du projet rappellent une réalité importante pour tout grand développement gazier en Afrique : la valeur ne dépend pas seulement du volume en sous-sol, mais de la capacité à structurer des contrats, des infrastructures et une gouvernance robuste.


Le Sénégal a déjà engagé d’autres jalons énergétiques avec Sangomar et GTA, ce qui place Yakaar-Teranga dans un environnement de plus en plus stratégique. Mais la réussite du projet reposera sur un équilibre délicat entre besoins domestiques, compétitivité industrielle, financement de long terme et discipline institutionnelle.


En ce sens, Yakaar-Teranga illustre bien la nouvelle phase des projets gaziers africains : des actifs techniquement majeurs, mais dont la valeur se joue autant dans le montage que dans la ressource elle-même.




- Pour prendre rendez-vous, cliquez sur la bannière ci-dessous -

Bannière Abelika usine clé en main pour demander une consultation


Sources de l'article



Commentaires


bottom of page