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Projet Ampasindava Madagascar : un nouveau pôle stratégique pour les terres rares mondiales

Site minier à Madagascar lié aux terres rares
Site minier à Madagascar lié aux terres rares

Le projet Ampasindava place Madagascar sur la carte des terres rares à un moment où la demande mondiale pour les éléments destinés aux aimants progresse rapidement. Avec une ressource estimée à 699 Mt et une production ciblée d’environ 4 000 à 4 100 t/an de TREO, le projet attire l’attention des industriels et des investisseurs.



Sommaire



Projet Ampasindava Madagascar : présentation, localisation et ressources du gisement


Le Projet Ampasindava Madagascar s’impose comme l’un des dossiers miniers les plus suivis du moment dans l’univers des terres rares. Son intérêt ne tient pas seulement à sa taille, mais aussi à son positionnement sur les éléments les plus recherchés du marché, ceux qui entrent dans la fabrication des aimants permanents pour les véhicules électriques, les éoliennes et plusieurs usages industriels sensibles.


Le gisement se situe sur la péninsule d’Ampasindava, dans le nord-ouest de Madagascar, à environ 500 km d’Antananarivo. La concession principale couvre près de 238 km² et s’inscrit dans un complexe géologique connu pour ses argiles ioniques riches en terres rares. L’estimation de ressources JORC 2012 fait état de 699 Mt à 868 ppm de TREO, soit environ 606 000 t de TREO contenus. Pour un pays qui reste marginal dans la production mondiale, ce volume change clairement l’échelle du sujet.


La signature du projet est aussi qualitative. Les minéralisations sont riches en éléments dits magnet rare earths, avec environ 22% de MREO et près de 2% de DyTb dans l’ensemble TREO. Autrement dit, Ampasindava n’est pas un simple projet de terres rares généralistes. Il vise des molécules minérales au cœur des chaînes d’approvisionnement des aimants NdFeB, ce qui explique l’intérêt qu’il suscite auprès des acteurs publics et industriels.



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Pourquoi le projet attire autant l’attention des industriels


Le marché mondial des terres rares reste très concentré. La Chine contrôle environ 70% de la production minière et près de 90% des capacités de raffinage et de séparation. Dans le même temps, la demande pour les terres rares d’aimants a déjà doublé depuis 2015 et devrait encore progresser d’environ un tiers d’ici 2030 selon les politiques actuelles. Pour les décideurs publics comme pour les industriels, cela crée un double signal : une dépendance persistante et une fenêtre d’opportunité pour de nouvelles sources d’approvisionnement.


Ampasindava se positionne précisément dans cette logique. La préfaisabilité décrit une exploitation par lixiviation en tas de 5 Mt/an, avec une durée de vie de mine de 18 à 20 ans. La production annuelle visée est d’environ 4 000 à 4 100 t de TREO sous forme de mélange d’oxydes, dont environ 1 700 t/an d’oxydes pour aimants. Le projet avance aussi avec un capex pré-production d’environ 142 M USD, un ordre de grandeur relativement contenu pour ce type d’actif, en partie grâce à la nature peu profonde et friable du gisement.


"Les terres rares pour aimants sont devenues un intrant critique pour les chaînes de valeur de la transition énergétique."

Sur le plan économique, Harena Rare Earths met en avant un NPV10 post-taxe d’environ 250 M USD et un TRI post-taxe proche de 30% dans le scénario de référence. Ces chiffres doivent être lus avec prudence, car ils dépendent fortement des prix des oxydes, des contrats d’offtake et de la capacité à sécuriser le financement. Mais ils montrent que le projet ne se limite pas à une promesse géologique : il a aussi une logique industrielle lisible.



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Ce que cela change pour Madagascar et pour la chaîne de valeur


Madagascar ne joue aujourd’hui qu’un rôle marginal dans la production mondiale de terres rares. Les données USGS citées dans le dossier évoquent environ 960 t de REO produites en 2022-2023, soit moins de 0,5% de la production mondiale. Dans ce contexte, l’entrée en production d’Ampasindava ferait passer le pays d’un statut discret à une présence plus visible sur un segment stratégique.


Le projet reste toutefois centré sur l’exportation d’un mélange d’oxydes, avec un raffinage prévu hors de Madagascar, notamment aux États-Unis ou en Europe. C’est un point important pour les investisseurs publics et privés : la création de valeur locale dépendra moins du seul volume extrait que de la capacité du pays à développer, plus tard, des étapes de séparation, de raffinage ou même de fabrication d’aimants. Sans cela, Madagascar restera surtout un fournisseur de matière première, même si les retombées fiscales, logistiques et sociales peuvent déjà être significatives.


La gouvernance du projet compte donc autant que sa géologie. Le nouveau code minier malgache prévoit un royalty de 5% et un impôt sur les sociétés d’environ 20%, avec l’absence de free carry de l’État. Dans le même temps, la levée du moratoire sur les permis miniers ouvre une nouvelle fenêtre réglementaire. Pour un projet comme Ampasindava, cette stabilité relative est essentielle, car les terres rares exigent des cycles longs, des capitaux patients et une visibilité claire sur les autorisations.



Schéma montrant Madagascar encore marginal dans les terres rares, puis Ampasindava comme levier d’exportation d’oxydes et de valeur locale future.
Perspectives pour Madagascar : renforcer sa présence sur le marché mondial des terres rares en développant la chaîne de valeur locale et en améliorant ses capacités industrielles.


Un projet stratégique, mais encore loin d’être un acquis


L’intérêt géopolitique du dossier s’est renforcé avec le soutien annoncé par les États-Unis, via la DFC, à hauteur de 4,84 M USD pour les travaux de pilote, les essais de laboratoire et les programmes environnementaux et sociaux. Le montant reste modeste au regard du besoin total, estimé autour de 150 M USD pour la mise en production, mais il envoie un signal clair sur la place du projet dans la diversification des chaînes d’approvisionnement.


Le calendrier reste néanmoins conditionné à plusieurs étapes : obtention du permis d’exploitation, finalisation des études, réussite du pilote et bouclage du financement. La mise en production est visée autour de 2028, mais ce type d’échéance doit être lu comme un objectif de travail, pas comme une certitude. Les risques techniques, environnementaux et sociaux sont réels, notamment sur la gestion des solutions de lixiviation, la réhabilitation des sites et l’acceptabilité locale.


Pour les décideurs et les industriels, le message est clair. Ampasindava n’est pas un projet appelé à bouleverser à lui seul le marché mondial des terres rares. En revanche, il peut devenir un actif stratégique pour sécuriser une partie des approvisionnements hors Chine, dans un segment où la demande reste tendue et où les capacités de raffinage demeurent très concentrées. C’est précisément ce qui en fait un dossier à suivre de près, à la fois pour Madagascar et pour les chaînes de valeur internationales.



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Sources de l'article


  • Executive summary - Rare Earth Elements - Analysis - Demand for magnet rare earth elements (neodymium, praseodymium, dysprosium and terbium) has doubled ...



  • Alice Teodorescu Måwe - Nuanced | Facthem EU - China controls 90% of the refining of rare earth metals.



  • Rare-earth industry in China - Wikipedia - 3.



  • 4. ((PDF) Mining Initiation Note - Cloudinary](



  • China's Rare Earth Elements: What Businesses Need to Know - China's rare earth elements have become a flashpoint in global geopolitical tensions as the country ...



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