Investir dans l’industrie en Algérie : pourquoi le pays attire de plus en plus de projets industriels
- Lynda MALOUM

- 10 juin
- 5 min de lecture

L’Algérie combine aujourd’hui un marché intérieur porté par l’investissement, des réformes plus lisibles et une base industrielle en recomposition. Les chiffres récents sur les IDE, les projets enregistrés et les filières en expansion montrent un pays qui cherche à transformer son potentiel en capacités productives concrètes.
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Sommaire
Investir dans l’industrie en Algérie en 2026 : un marché en pleine expansion
Investir dans l’industrie en Algérie attire davantage d’attention parce que le pays ne se limite plus à son rôle historique d’économie fondée sur les hydrocarbures. L’industrie et la construction représentaient environ 37,8% du PIB en 2023, dont 9,3% pour la seule fabrication. Autrement dit, la base industrielle existe déjà, mais elle laisse encore un espace important pour de nouveaux projets, notamment dans la transformation, les matériaux, la chimie et les équipements.
Cette dynamique s’appuie aussi sur une reprise de la croissance hors hydrocarbures, estimée à 3,7% récemment par la Banque mondiale. Dans le même temps, les exportations hors hydrocarbures ont triplé depuis 2017 pour atteindre 5,1 milliards USD en 2023. Le signal est clair : le pays cherche à élargir sa base productive et à faire de l’industrie un levier de diversification.
Des réformes qui rendent le terrain plus lisible pour les investisseurs
Le changement le plus visible tient au cadre d’investissement. La loi 22-18, promulguée en 2022, a renforcé les garanties offertes aux investisseurs, clarifié les régimes d’incitations et mis en place des guichets uniques pour les grands projets et les investissements étrangers. Elle a aussi accompagné l’assouplissement de la règle 51/49, désormais levée pour la plupart des secteurs non stratégiques, ce qui facilite les joint-ventures et les montages industriels plus souples.
Les effets commencent à se voir dans les flux d’IDE. Selon la CNUCED, les entrées d’IDE ont atteint environ 1,2 milliard USD en 2023, puis 1,44 milliard USD en 2024. Le stock d’IDE entrant est estimé à environ 36,8 milliards USD. Ces chiffres restent modestes au regard de certains marchés plus matures, mais ils traduisent une reprise nette de l’intérêt international pour le pays.
"La prévisibilité réglementaire compte souvent autant que les incitations elles-mêmes."
La montée en puissance de l’AAPI confirme cette tendance. Fin 2024, l’agence avait enregistré plus de 11 780 projets pour un montant supérieur à 4 730 milliards de dinars, avec environ 285 000 emplois annoncés. En mars 2025, le stock cumulé atteignait près de 12 843 projets, pour une valeur d’environ 5 776 milliards de dinars. Près de 47% de ces projets concernent directement l’industrie, ce qui montre que le pipeline n’est pas théorique : il se concentre bien sur les activités productives.
Des filières industrielles qui passent à l’échelle
Les signaux les plus concrets viennent des projets déjà visibles sur le terrain. Dans la sidérurgie, Tosyali Algérie a produit environ 3 millions de tonnes de produits sidérurgiques en 2022, dont 1,3 million de tonnes exportées pour une valeur de plus de 800 millions USD. L’extension en cours doit ajouter une unité DRI de 2,5 millions de tonnes par an, un four électrique de 2,4 millions de tonnes et d’autres capacités de laminage. C’est un bon exemple de montée en gamme industrielle et d’intégration locale plus poussée.
La pétrochimie suit la même logique. Le complexe d’Arzew, porté par Sonatrach via STEP Polymers, est évalué à environ 1,5 milliard USD et vise une capacité d’environ 550 000 tonnes de polypropylène par an. Pour les industriels de l’emballage, du plastique technique ou de l’automobile, ce type de projet crée une base d’approvisionnement locale plus crédible.
Le solaire devient lui aussi un segment industriel à part entière. L’Algérie vise 22 GW de capacités renouvelables installées d’ici 2030. En 2023, Sonelgaz-EnR a attribué des contrats pour 3 GW de capacité solaire, tandis qu’à la fin de la même année le pays comptait six unités d’assemblage de modules photovoltaïques pour une capacité totale de 469 MW. Deux usines de panneaux solaires, à Chelghoum El Aïd et Ouargla, figurent parmi les projets les plus visibles de cette filière.
Un marché intérieur, mais aussi une porte d’entrée vers l’Afrique
L’intérêt de l’Algérie ne tient pas seulement à son marché domestique. Le pays travaille aussi à mieux relier son industrie aux marchés voisins. En 2024, la création de zones franches avec la Mauritanie, la Tunisie, la Libye, le Mali et le Niger a été annoncée, avec l’idée de faire des régions frontalières des hubs logistiques et industriels. À cela s’ajoutent des projets structurants comme la route transsaharienne, le backbone de fibre optique transsahélien et le projet de gazoduc Nigeria-Algérie.
Cette orientation prend tout son sens avec la ZLECAf. Pour les PME et PMI industrielles, elle ouvre des perspectives dans l’agro-transformation, les matériaux de construction, les produits chimiques, les intrants agricoles et les biens de consommation. Le triplement des exportations hors hydrocarbures à 5,1 milliards USD montre que la diversification n’est plus seulement un objectif politique, mais un mouvement déjà engagé.

"Le vrai sujet n’est pas seulement d’installer une usine, mais de l’inscrire dans une chaîne logistique et commerciale viable."
Il reste bien sûr des points de vigilance. Les procédures administratives, l’accès au foncier, certains délais de raccordement et le financement des PME industrielles demeurent des sujets sensibles. Mais pour un investisseur, un développeur de projet ou un équipementier, le tableau est devenu plus lisible : un cadre d’investissement plus ouvert, des projets industriels concrets, une dynamique d’exportation en progression et une ambition régionale assumée.
En pratique, cela place l’Algérie parmi les marchés industriels africains à suivre de près, surtout pour les acteurs capables de se positionner sur la transformation locale, les équipements, l’énergie et les chaînes de valeur exportatrices.
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Sources de l'article
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Publication: Algeria Economic Update, Spring 2024 - 3.
How Algeria is Crafting a Dynamic Economy for Tomorrow - Algeria is diversifying its economy, tripling non-hydrocarbon exports since 2017 to $5.1 billion in ...
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